Définition de l’Antillanité
L’Antillanité représente l’identité antillaise et repose sur une synthèse de valeurs culturelles basée sur trois grandes racines : Afrique, Europe et Caraïbe. La racine africaine est à la base même de la civilisation humaine. Elle est d’une importance capitale.
Origine du mot Antillais
Le nom Antillais vient du mot espagnol Antilla, composé de : Anté et Illa.
Étymologiquement, Anté Illa signifie « îles devant ». Îles devant le continent américain. Mais l’élément « Illa » se rapporte au concept de « Illustre » et « Anté » signifie aussi« Premier ».
Ce qui signifie concrètement que le nom Antillais est homogène à « Illustre Premier ».
Les Antillais élus par l’Histoire
L’Antillais a émergé dans la douleur, la lutte, le travail, le mélange de cultures et de communautés d’origine diverses. Ce qui fait de lui un être historique très particulier, témoin et garant de la liberté et de la fraternité humaine.
Peuple de l’Universel
Les individus qui ont souffert de l’ostracisme, de la mise à distance, et de la discrimination sont plus aptes à réfléchir sur les rapports entre les Peuples et les Nations. C’est en ce sens, qu’Aimé Césaire a dit le 12 Avril 1994 à Paris :
« Je suis un Martiniquais de couleur, je suis d’une race qui a subi toutes les violences de l’Histoire et je considère qu’il est de ma vocation de lutter contre l’injustice, contre la misère, contre le racisme ».
L’Antillanité par Gaston Monnerville
Si l’Intentionnalité Immanente me disait : « Fils dans quelle communauté et dans quelle époque tu aimerais naître ? ». Sans hésiter je répondrais que malgré toute la souffrance et malgré toutes les horreurs qu’a subi la communauté antillaise, je désire naitre Antillais. Et malgré la période contemporaine avec ses contradictions, sa violence sociale, économique et politique ; je désire vivre dans ce XXIème siècle.
Je ne désire appartenir à aucune autre Communauté. Je pense que c’est une bénédiction d’être Antillais dans ce monde conflictuel, complexe et cruel.
Nous antillais avons subi toutes les violences de l’Histoire comme le dit Aimé Césaire, mais nous ne formulons aucune rancoeur à l’encontre d’aucune autre communauté. Nous sommes un peuple rédempteur et du fait de nos trois grands enracinements : Afrique, Europe et Amérique, nous avons d’immenses potentialités en nous mêmes, et ce dans tous les domaines : scientifique, économique, technologique, littéraire, musicale et sportive.
Ces immenses potentialités nous permettent dans cette époque difficile et troublée de mieux nous adapter aux situations les plus complexes et les plus contraignantes.
Notre riche identité fondée sur les racines africaines, européennes et américaines, complétée par des racines indiennes et syro-libanaises ; nous donne une mission de contribuer à faire advenir sur terre une nouvelle société, plus humaine, plus juste et plus prospère pour tous.
Au vu de tout cela, on peut affirmer fortement que : « Nul ne peut être Antillais aujourd’hui sans ressentir une certaine fierté au fond de lui-même ».
L’Antillanité et la Créolité
Le terme Antillais désigne les populations qui ont une expérience historique tout-à-fait particulière sur les îles de la Caraïbe.
La Créolité, ne définit pas l’Espace d’expérience des petits fils et des petites filles des déportés aux Antilles. Cette espace d’expérience, c’est d’abord la déportation de peuples Africains pour le travail forcé et ensuite le métissage culturel et biologique avec des Amérindiens, des Européens et plus tard avec des Indiens de l’Inde.
Les écrivains Chamoiseau et Confiant affirment dans leur Livre« Eloge de la Créolité » que les Antillais, les Réunionnais, les Mauriciens, les Séchellois, et les Capverdiens sont des Créoles. Il est clair que l’espace d’expérience des Mauriciens, des Séchellois et des Capverdiens n’est pas celui des Antillais de Guadeloupe, Martinique et Guyane.
De plus, à l’origine, le terme Créole a désigné uniquement les Européens nés aux Antilles, en Louisiane, et en Amérique latine. Les personnes dites de couleur étaient exclus de cette dénomination. Les Créoles étaient des dominants et les personnes dites de couleur étaient des dominées.